Théâtre - Aglavaine et Sélysette (Maeterlinck) - 09/05/14

Cette tragédie symboliste mise en scène par Célie Pauthe au théâtre de la Colline m’a un peu ennuyé. Il est vrai que l’action, qui se cantonne aux alternances sentimentales d’un trio amoureux quelque peu compassé, ne donne pas matière à des développements palpitants. Seules la qualité du texte, sa délicatesse, sa sophistication extrême suscite un intérêt réel.

Aglavaine&Sélysette

Hélas, à l’exception de Judith Morisseau, remarquable dans le rôle de Sélysette et parfaitement à l’aise avec la prose savante de Maeterlinck, le texte n’a pas été suffisamment bien servi par les autres comédiens, trop récitants, trop trébuchants dans leur diction. Il est vrai que mettre en bouche un texte aussi sophistiqué est un exercice de haute voltige surtout lorsqu’on veut s’affranchir du parler contemporain. Quant à la mise en scène, dispersée dans un décor monumental, hostile à toute expression de sensualité, elle n’a jamais réussi à rendre palpable l’amour que sont censés éprouver les personnages. Et, pour alourdir le tout, les transitions d’actes, ponctuées par une musique qui conviendrait mieux à un documentaire d’exploration sous-marine qu’à une pièce sondant les secrets de l’âme humaine, confèrent un caractère pompeux à ce chassé-croisé amoureux qui aurait gagné à évoluer dans un espace plus éthéré, qu’on imagine mieux convenir aux intermittences du cœur.

 

http://www.colline.fr/fr/spectacle/aglavaine-et-selysette

Théâtre National de la Colline du 07 mai au 06 juin 2014